"Even as a boy I recognized that motor transport and aeroplanes must increasingly shrink the world and irrevocably destroy its fascinating diversity” Wilfred Thesiger
Tout le monde n’a pas la chance de découvrir le désert comme le fit Wilfred Thesiger, accompagné, d’une caravane, en le traversant de part en part. Cet aventurier qui fustigeait la motorisation des nomades comme une dégénérescence, a pris le temps d’approcher toute la sensorialité du voyage, et mérité la merveille du quart vide au prix d’une progression lente et laborieuse.
J’aurais aimé en faire autant, mais ne je sache maudire le tout-terrain qui m’emmena sur une poignée de ses pas, avec mes meilleurs compagnonsm ici en Oman. Nous avons cependant eu la bénédiction de la météo pour admirer l’aride immensité après la pluie. Le drapé scintillant des nuages caressait les sables vallonnés avec ses pinceaux de lumière mouvante. Les dunes tigrées par les ruissellements laissaient surgir lleurs couleurs changeantes au milieu d'une plaine de poussière arrondie par l’horizon. Et un puits qui regorgeait d’une eau chaude et sulfureuse nous a prodigué un soin thermal tandis que la sécheresse reprenait ses droits.
Avec les vastes étendues stigmatisées par le tracé de la piste, l’impossible oubli de l’élément aquatique, et le déplacement automobile, nous avons sans doute reçu la plus fidèle image du cauchemar de Thesiger. Mais personne n’aurait su se plaindre de ce paradis en solde.
