mardi 20 janvier 2009

Cafés (z)inc.



Combien de cafés (z)incorporés pendant le passage à Paris. Pas de compteur au gosier mais une acidité qui a élu résidence dans mon palais, sans amertume. Trait d’union incontournable entre le nid douillet et la journée de travail. La protection la plus efficace contre les simulacres de blizzard de la météo parisienne. Antichambre des projets les plus déraisonnés. Première loge du voyeurisme auditif, de la traque nonchalante à la brève.


Ferment le plus véloce des volontés avortées. Vous y étiez venu pour un petit noir, et voici que le temps s’engouffre dans l’indulgence et l’immobilité. Vous ne quittez pas ce foyer universel ou se fondent le flottement de la trotteuse et l’effervescence. Comme « dans un square sur un banc », « vous restez là / assis figé ». La crème se dissipe au centre de la tasse et vient sécher comme un collier de raphia sur les parois. Votre image se reflète dans la brillance du liquide ébène. Le sucre est dissolu depuis longtemps mais la petite cuillère continue sa petite musique circulaire, pendant que le ronronnement d’un saxophone se dissout sans les volutes du brouhaha.


Chaque matin, les comptoirs en acier poli, en cuivre ou bois ont accueilli un coude ou l’autre. Les cliquetis de la vaisselle et le vacarme de la machine à vapeur ont prolongé l’étourdissement matinal, et les regards perdus sur un objet ridicule.

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